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n°73

Suicide & société : "Nous vivons hors de... hors de soi, de moi, de tout"

retour au n°73 "Quelle prévention du suicide ?"


Auteur(s) :

Philippe CARETTE Ph.D. Psychosociologie, Psychothérapeute, Directeur du centre thérapeutique Recherche et Rencontres


Résumé :

Phénomène complexe, le suicide n’est pas uniquement à considérer sur le plan individuel ; pour tenter de le mieux comprendre, il convient de le resituer dans le contexte socioculturel qui est aujourd’hui le nôtre. L’auteur invite les lecteurs à oser aborder le suicide au-delà des raisons techniques et thérapeutiques mais pour des raisons vraiment fondamentales de société car il touche à notre « être en commun ».


Mots-clés :

Suicide, contexte socio-culturel, faire société, être ensemble, parole, temporalité, mort, utilité


Extrait

(...) Nous vivons une forme de dislocation de la communauté censée avoir été à l’épreuve dans laquelle les temps modernes se seraient engendrés. Même si nous ne pouvons que constater une usure sans hasard du social de l’associatif, des liens sociaux, de nos collectifs et de nos socialités, il y a malgré tout comme une résistance, une insistance de la communauté : non seulement elle n’est pas dépassée, mais elle vient au devant de nous.

Il nous est nécessaire, il nous faut une inclinaison ou une inclination de l’un vers l’autre, de l’un par l’autre, ou de l’un à l’autre, touchant, affectant ce bord qui est celui de notre « être en commun ». Notre environnement ne peut être le grand absent.

Dans un contexte de dégradation de la conjoncture économique et de croissance de l’incertitude, nous apparaissons bien fragilisés, mal préparés aux grandes mutations et évolutions que nous subissons bien plus que nous ne les agissons.

Parler du suicide, oser aborder le sujet ne s’impose pas uniquement pour des raisons techniques et/ou thérapeutiques, mais vraiment pour des raisons fondamentales. Le suicide touche aux questions de notre condition humaine, à notre communauté d’humains.

Il nous touche tous et n’est pas un évènement marginal, mais nous accompagne avec plus ou moins d’intensité depuis toujours, en fonction des époques et modalités de vies.

Au-delà des bavardages sur la fraternité ou des démonstrations laborieuses sur l’intersubjectivité, se dessine une exigence sociale, philosophique et politique de faire face ensemble à ce phénomène et à nos difficultés actuelles.

C’est comme si, nous avions presque évacué la réalité d’une vie commune, c’est-à-dire la mise en commun de nos terreurs nocturnes et de cette sorte de crispation extatique que répand la mort, ce qui revient à dire de notre existence même.

Nous sommes ce que nous partageons, et ce que nous partageons c’est d’être là où ces existences s’exposent, s’éprouvent, se heurtent, et/ou se consolent. (...)

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