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n°64

Le sans-abrisme : définition et éclairage dans une perspective européenne

retour au sommaire du n°64 "Accueil et hébergement … des Sans-abri"


Auteur(s) :

Frederik SPINNEWIJN Directeur de la FEANTSA (Fédération Européenne des Associations Nationales Travaillant avec les Sans-Abri) Belgique


Extrait :

Le sans-abrisme est un problème que rencontrent tous les pays de l’Union européenne et que, jusqu’ici, aucun d’entre eux n’a réussi à résoudre. Même dans les pays scandinaves, connus pour leur système social élaboré et leur politique dynamique envers la pauvreté, il y a des milliers de sans-abri. L’ampleur du phénomène diffère d’un pays à l’autre. Mais établir une comparaison entre les différents pays s’avère difficile et pas toujours probante, non seulement parce que les définitions du sans-abrisme diffèrent fortement mais également parce que les chiffres ne sont pas collationnés de la même manière d’un pays à l’autre. Par ailleurs, les chiffres en provenance d’un même pays peuvent également fluctuer selon les sources. En France, par exemple, les estimations peuvent varier de 100 000 unités selon que les chiffres émanent du gouvernement ou du secteur des ONG. De même, des différences sont constatées d’un pays à l’autre au niveau des profils ou du profil type du sans-abri. Ainsi, en Espagne et en France, les migrants, et plus concrètement les sans-papiers et les demandeurs d’asile, représentent une part beaucoup plus importante de la population sans-abri que dans les pays scandinaves. Un autre exemple : l’Europe de l’Est compte davantage de sans-abri ayant un diplôme supérieur que l’Europe de l’Ouest. Cependant, il subsiste des dénominateurs communs. Dans la plupart des pays, le sans-abri est un homme, d’âge moyen, avec une dépendance à l’alcool et ou à la drogue et avec une santé mentale fragile. Mais ce profil dominant disparaît lentement. De plus en plus de femmes, et également des femmes seules avec enfants, deviennent sans-abri. L’âge des sans-abris a également tendance à se modifier : d’une part, on rencontre des sans-abri de plus en plus jeunes et, d’autre part, le nombre de sans-abri âgés croît. La complexité du phénomène est une constante mais nous pouvons affirmer que la qualité et la cherté du logement jouent un rôle de plus en plus important en tant que cause ou déclencheur du sans-abrisme. Bizarrement, on ne connaît pas grand-chose de la durée moyenne d’une situation de sans-abrisme. Mais en tout état de causes, sa persistance ou permanence dans le temps doit être considérée comme intolérable et inadmissible. (...)) Les « chroniques » ne représentent qu’une faible proportion de la population totale des sans-abri et que, de manière générale, les passages dans les dispositifs d’accueil et d’hébergement sont relativement courts. Il convient cependant de nuancer ces constats en signalant que les « rechutes » sont nombreuses et que les dispositifs d’accueil sont fréquentés par des personnes qui reviennent régulièrement - retombent dans la rue - après un certain temps quand bien même elles semblaient en être sorties. (...) Il est essentiel d’avoir une vision claire de la complexité et de l’évolution du sans-abrisme. Pour cela, une définition commune et largement acceptée s’avère nécessaire. Les pays disposant d’une telle définition, ainsi que d’un outil statistique performant, obtiennent souvent de meilleurs résultats que les pays ou la bonne volonté plus que les chiffres forment la base de la politique. (...)

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