« Bien vieillir à domicile... une évidence ?

retour au sommaire du n°75 "Le vieillissement actif : à quelles conditions ?"


Auteur(s) :

Valentine CHARLOT Docteur en psychologie, Présidente de l’asbl « Le Bien Vieillir »

Catherine HANOTEAU Licenciée en psychologie, formatrice indépendante pour l’asbl « Le Bien Vieillir »


Résumé :

Bien vieillir chez soi, dans sa maison, son espace, ses pierres est un souhait, une revendication que de nom- breuses personnes âgées partagent. Considéré comme le lieu de vie idéal, paradis fantasmé qui éloigne la dépen- dance et la mort, le domicile s’avère pourtant dans un certain nombre de cas bien éloigné des réels besoins de ses habitants. Vivre à domicile est-il nécessairement synonyme de bien vieillir ? Pourquoi les personnes âgées souhaitent- elles autant rester à domicile ? Quelles sont les limites à un domicile de qualité ? Quels sont les points clés qui peuvent être pris en compte pour améliorer l’avancée en âge à domicile ? C’est à l’ensemble de ces questions que cet article s’intéresse.


Mots-clés :

Bien vieillir, domicile, maintien à domicile, placement en institution, adaptation du logement


Extrait

(...) La maison c’est une véritable histoire avec des chapitres vécus et à venir, l’image des personnages qui ont traversé la vie du héros, des enfants qui ont grandi, de l’espace intime. La maison c’est un décor, des odeurs, des lumières, des bruits, des déplacements familiers. La maison c’est une intrigue, des secrets jalousement gardés, des rêveries et des mensonges. La maison c’est le futur, et la garante de la qualité de celui-ci.

Le domicile est davantage l’arène du pouvoir, des choix de vie, du moins pour les personnes qui ont le souhait ou les capacités d’exercer ces choix. « C’est un territoire d’intimité dans lequel je peux me déployer », nous dit Serge Gobiet*. Ces décisions peuvent toucher des sujets sensibles et importants ; d’autres de la vie quotidienne, plus anodins. Il s’agit d’exprimer ou de taire, de demander ou de refuser, d’ouvrir ou non son espace à autrui. Comme le dit Perla Serfaty-Garzon** : « Dans son domicile, l’habitant a le sentiment d’être souve- rain, d’exercer un droit d’usage sur un territoire qui lui est propre. »

Quand la dépendance s’installe, la personne devra pourtant se soumettre à d’autres volontés que la sienne, celles des professionnels, parfois jusqu’à une dizaine de personnes différentes qui vont aller et venir, avec leurs heures de passage, leurs plans de soins, leurs équipes, etc. Rapidement, ces personnes prennent leurs propres marques et s’approprient, en partie du moins, ce territoire. Rentrer sans frapper, se déplacer d’une pièce à l’autre, aller dans les armoires, ranger d’une façon « plus pratique », sont autant de signes d’une perte de pouvoir de l’habitant lui-même qui se questionne : « Suis-je encore chez moi ? ». (...)

*Psychologue au Service de Santé Mentale, mission spécifique personnes âgées, à Malmedy. **SERFATY-GARZON P. (2003). Chez soi, Les territoires de l’intimité, Paris, Armand Colin.

Le quartier comme outil thérapeutique

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